Sabela
Réfugiée du Sud-Soudan, Ouganda, 2004.
Nous sommes des Acholis du Soudan. Lorsque la guerre a commencé, ma famille a traversé la frontière pour se réfugier ici. En 1989, on est d’abord venus à Adjumani, puis, en 1993, on nous a déplacés ici, où j’ai commencé l’école primaire. Puis j’ai continué l’école secondaire jusqu’en senior 4 et ça s’arrêtait là, et puis je me suis mariée. J’avais 17 ans. Mon père est toujours là, il s’occupe de tout à l’école du camp de Rhino. C’est l’homme à tout faire. Il dit que nous allons un jour retourner chez nous, mais il faut attendre que la paix s’installe vraiment. Nous n’avons plus rien là-bas. Surtout pour nous, les Acholis, il faudra que notre sécurité soit garantie. Il peut nous arriver n’importe quoi si on nous prend pour des gens de la LRA (Lord Resistance Army). On ne sait pas. On ne sait rien… Mon mari est un réfugié lui aussi, mais du Kenya. On pense partir là-bas aussi, peut-être, mais comment ? Je voudrais poursuivre mes études. En attendant, on reste et on aide la communauté. On est loin de tout. Comment faire ? Je voudrais retourner à l’école… Ce n’est pas comme on nous avait dit. Nous sommes des étrangers ici et nous n’avons plus de chez nous là-bas…
Titouan Lamazou
Navigateur et peintre, Titouan Lamazou a poursuivi depuis son plus jeune âge ces deux chemins en parallèle.
Il démarre ses premières expéditions ...



















