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Fille de la nuit à Mubi, Walikale, Nord-Kivu, 2011. 

 

À l’école, à Kisangani, j’étais très turbulente. On est venu faire le rapport à mon père que j’avais frappé quelqu’un là-bas, alors il m’a frappée à son tour avec un couteau ! C’est ça les marques que tu vois, là dans le dos et sur le bras. J’ai été mariée très jeune, à 14-15 ans. Mon mari était dans le commerce des diamants. Nous avons eu deux enfants. Il allait dans la forêt pour ses diamants et, quand il revenait, il ne restait jamais à la maison. Ni lui ni son argent. Pendant ma deuxième grossesse, il m’a ramené une rivale à la parcelle et ça m’a mise très en colère. Je suis rentrée chez mes parents. Je leur ai laissé mes enfants et je suis venue ici dans le Walikale parce qu’on m‘avait dit qu’il y avait beaucoup d’argent. À Mubi… je me suis installée à l’hôtel. Non, je n’ai pas de travail, mais tu es un homme, tu sais bien ce que je fais… Ce qui me fait peur, nous fait peur à toutes ici, c’est les Maï-Maï Tcheka. Ce sont les pires. Sinon ça va, sauf depuis que Kabila a fermé les mines. La vie a basculé. Elle s’est éteinte comme un tas de bois. Les creuseurs dépensaient beaucoup avant. Maintenant, personne n’a plus rien. Nous toutes, nous avons fait le deuil de l’argent. Moi, je vis seulement une vie de misère, le jour où il y a de l’argent,  je mange. Sinon, je dors. C’est ainsi… 

Titouan Lamazou

Navigateur et peintre, Titouan Lamazou a poursuivi depuis son plus jeune âge ces deux chemins en parallèle.
Il démarre ses premières expéditions ...

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  • Inkjet Exhibition Prints on paper Museum Arches
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Ref: 808